LE CANAL DES DEUX MERS
Castillon et Castets – Fontet – Meilhan sur Garonne
Chef‑d’œuvre du génie civil, le canal accompagne la Garonne sans jamais la dominer.
Rectiligne, paisible, il traverse les terres agricoles, longe les ports tranquilles,
traverse les écluses et glisse devant les maisons éclusières.
Entre Castillon et Castets, Fontet et Meilhan sur Garonne, il devient un paysage intime,
une ligne d’eau qui relie les territoires, les époques et les usages.
Vieux de trois siècles, le Canal du Midi fut conçu par Pierre‑Paul Riquet,
qui engagea sa fortune et sa vie pour relier les Deux Mers.
Au XIXᵉ siècle, le Canal latéral à la Garonne, (193 km et 53 écluses) aujourd'hui nommé
Le Canal des deux Mers
vient compléter cette ambition, doublant le fleuve dont la navigation restait aléatoire.
La jonction complète est réalisée en 1856 :
un axe d’eau continu, de Toulouse à Castets, puis vers l’Atlantique.
Longtemps dédié au transport industriel, le canal devient aujourd’hui un paysage navigable, où les écluses, les maisons éclusières, les ports et les chemins de halage composent un patrimoine vivant.
Galerie
CE QUE CE LIEU REPRÉSENTE POUR MOI
Le canal est pour moi un fil conducteur : une ligne d’eau qui relie les territoires, les époques
et les usages.
Il raconte la ténacité humaine, l’ingéniosité hydraulique, les rêves de voyages et le commerce.
Il est aussi un paysage intime, familier, où la lenteur devient une manière de regarder. Mon enfance est emplie par le souvenir de ces grosses péniches dont le garde-corps touche quasiment l'eau tranquille tant elles sont pleines de marchandises diverses que j'observais depuis le chemin de halage. Les bateliers nous envoyaient un bonjour de la main avec un grand sourire et cela nous rendait joyeux !
POURQUOI JE L'EVOQUE ICI
En évoquant le canal ici, je fais découvrir un
patrimoine vivant, je transmets l’histoire technique, mais aussi la poésie des rives, la vie des bateliers,
la transformation des villages fluviaux.
Le canal est pour moi "ma madeleine de Proust",
que j'aime raconter avec douceur et tendresse.
Entre les écluses et les méandres, le canal avance ;
il porte la mémoire des hommes qui l’ont creusé, des péniches qui l’ont chargé,
des villages qui l’ont bordé.
Autour des années 80, il a perdu son identité,
ce pourquoi il avait été conçu n'existe plus.
Fini le marivaudage avec les péniches ,
fini les curieux qui regardaient passer ses mastodontes sur son dos...
Il est devenu triste, abandonné...
Aujourd’hui, il offre un chemin d’eau où le temps se prend, où les paysages respirent, où l’on comprend que la lenteur est reine.
Plein de "petits bateaux" ont remplacé les "gros" ; maintenant ce sont des enfants qui s'amusent à pécher depuis le bastingage de ces "petits bateaux", des familles qui respirent tranquillement et laissent se dérouler le temps . Il revit !












